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4 février 2020

Mercosur - Focus sur le Brésil et l’Argentine

MécaSphère

Première puissance du continent latino-américain, le Brésil a retrouvé le chemin de la croissance. Malgré de grandes difficultés économiques et une instabilité politique chronique, l’Argentine offre des opportunités d’affaires.

Le géant brésilien
Un pays continent. Le 5ème plus vaste de la planète avec près de 210 millions d’habitants. Et une richesse des ressources naturelles - 2ème producteur mondial de fer, 2ème pour l’hydroélectricité, 5ème pour l’agriculture – qui en font un pays doté d’une industrie diversifiée.
"Le pays compte des grands pôles industriels à Sao Paulo, Porto Alegre et Curitiba dans le Sud, et Manaos au débouché de l’Amazonie. Tous les grands constructeurs automobiles et leurs équipementiers sont présents. L’aéronautique est également bien développé, avec Embraer, un champion national, de même que l’industrie pétrolière avec Pétrobras", explique Marylou Jugon, ex VIE de la FIM, aujourd’hui directrice commerciale de Serapid pour le Brésil, spécialisée dans l’élévation et le transfert de charges.
De son côté, le cabinet Altios, qui accompagne les industriels français au Brésil, note que "les entreprises qui peuvent aider à renforcer les plus importantes industries du pays sont très demandées. Cela inclut, par exemple, les technologies et les équipements pour soutenir les secteurs agricoles et miniers. L’éducation et le domaine médical sont d’autres domaines majeurs dans le pays, en raison d’une population jeune et grandissante."
Après la crise économique de 2015- 2016, marquée par une baisse du PIB de 7 %, la croissance a repris en 2017 et devrait se renforcer en 2019. Selon l’analyse risque-pays de Coface, le nouveau ministre de l’Économie, Paulo Guedes, est "un économiste libéral brésilien reconnu qui défend l'indépendance formelle de la banque centrale, la privatisation des entreprises publiques (en utilisant les ressources pour réduire la dette publique), et propose un système de capitalisation pour la sécurité sociale (les pensions de retraite)".
Une loi votée en avril s’attaque à la bureaucratie brésilienne. Elle prévoit de renforcer l’esprit entrepreneurial en accélérant les étapes de création d’entreprises et en clarifiant les règles sur les licences et les pratiques du commerce nécessaires pour faire des affaires dans le pays. Elle permet aussi de diminuer les coûts et les risques de sanctions réglementaires. Bref, l’environnement économique devrait se simplifier et s’ouvrir.
Jusqu'à présent, le marché brésilien était en effet difficile d’accès, notamment en raison des droits de douanes élevés, mais également du fait du cours du real, 4,5 fois moins élevé que celui de l’euro, ce qui complique les exportations. Pour Marylou Jugon, "en dehors des multinationales, l’industrie brésilienne demeure très “artisanale”. Les besoins en automatisation sont importants, mais les Brésiliens sont encore frileux". Des opportunités existent en particulier sur les marchés de niche et pour des produits originaux, d’autant que « malgré les tensions entre les présidents de la République des deux pays, les Français ont une très bonne réputation et sont appréciés, à l’inverse des Américains », constate Marylou Jugon.

L’énigme Argentine
Pour nombre d’économistes, l’Argentine reste complexe. L’un des pays les plus riches de la planète jusque dans les années 1950 - époque où son PIB par habitant le plaçait devant la France - voit les crises économiques, financières et politiques s’enchaîner depuis les années 1980.
Deuxième puissance économique de l’Amérique du Sud derrière le Brésil, l’Argentine bénéficie pourtant de nombreuses richesses naturelles, agricoles, énergétiques et minières, d’une industrie diversifiée et d’une main-d’oeuvre hautement qualifiée. L’agroalimentaire et l’automobile représentent les secteurs industriels les plus développés.
En 2018, le pays a souffert de la pire sécheresse des 50 dernières années et d’un retrait des investisseurs étrangers, qui a contribué à dévaluer le peso (sa valeur a été divisée par trois depuis 2015) et à faire monter les taux d’intérêt et l’inflation (57 %). La crise s’est accompagnée d’une forte désindustrialisation. Ces quatre dernières années, 23 000 entreprises ont fermé, dont la moitié dans le secteur industriel.
Dans son analyse risque-pays, Coface prévoit qu’en 2019 "la reprise de l'activité agricole et la stabilisation d’un contexte macroéconomique marqué par une relative amélioration de l'inflation (permettant à la banque centrale de réduire légèrement ses taux directeurs) devraient se traduire par une performance économique relativement meilleure".
L’occasion de saisir les opportunités pour des entreprises hexagonales pionnières. Plus de 250 sociétés françaises implantées en Argentine, où la culture française est très appréciée, avec surtout les grands noms de l’industrie et des services, Renault, PSA, Air France ou Accor.

 

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