Youtube Twitter LinkedIn Facebook
© Promeca com / Freepik
15 mai 2020

Covid-19 - Point de situation au 15 mai 2020 du secteur des industries mécaniques

Dès les premières annonces gouvernementales, la Fédération des Industries Mécaniques (FIM) s’est pleinement mobilisée pour accompagner les entreprises mécaniciennes dans cette période si particulière. En tant que corps intermédiaire, la FIM est, depuis le début de la crise, le point d’entrée du secteur des industries mécaniques pour les ministères et les parlementaires pour apporter d’une part son éclairage sur la situation socio-économiques de ses différents secteurs d’activité, d’autre part, pour se faire le relais de la réalité « terrain » de ses industriels.

Activités des entreprises mécaniciennes et de leurs sites de production

Dans l’ensemble du secteur mécanicien, on estime le nombre des sites de production en fonctionnement entre 55 et 60%. Ce chiffre varie notablement selon l’activité des entreprises : on note plus de 80 % de fermeture pour les sous-traitants de la filière automobile dont les usines des donneurs d'ordres étaient fermées et près de 80 % des sites en fonctionnement pour les entreprises travaillant par exemple pour la filière agroalimentaire dont les usines des donneurs d'ordres sont ouvertes et travaillent à plein régime.

Si nous affinons ces chiffres par secteur d’activité, nous constatons que :

  • Dans les secteurs de la forge et de la fonderie, 63 % de la profession est en activité mais pour une grande majorité de manière partielle. 45 % des salariés sont en activité. La reprise d’activité est soumise notamment au redémarrage des secteurs automobile et aéronautique ainsi qu’à la reprise des approvisionnements en matières premières.
  • Dans le secteur de la chaudronnerie, 35% des entreprises connaissaient une activité inférieure à 30 % et pour 42 % des entreprises, l’activité était supérieure à 50 %. 86% des entreprises ont fait appel au dispositif de chômage partiel.
  • Dans le secteur des fabricants d’équipements de production, seules 44 % des entreprises sont en activité. Les entreprises fermées reprennent progressivement leur activité. On constate que la reprise des sites industriels de l’automobile et l’aéronautique, leurs principaux clients, est très lente. Le redémarrage des secteurs clients asiatiques est plus dynamique. Les entrées de commandes se sont fortement contractées en avril sans qu’une amélioration ne soit envisagée sur les prochaines semaines.
  • Dans les domaines des équipements de manutention, du BTP et du traitement des fluides, le taux d’activité des entreprises est de 64 % (48 % pour la manutention, 62 % pour le BTP et 75 % pour le traitement des fluides). Les prévisions d’ici la fin du mois de mai sont de plus 15 % pour le taux d’activité. 70 % des salariés sont en activité (dont 30 % en télétravail) et 22 % des salariés sont en activité partielle. L’impact de la crise sanitaire se traduit par une baisse de 30 % des prises de commandes (- 55 % dans le secteur de la manutention, -25 % dans le BTP et - 15 % dans le traitement des fluides). Les annulations de commandes touchent plus de 40 % des entreprises cependant la perte liée à ces annulations reste marginale.
  • Pour les industriels de la mécatronique, l’ensemble des entreprises sont en activité. Le taux de présence des salariés est de 50 % (avec le télétravail). Après une baisse de 23 % du CA en mars (par rapport à mars 2019), le secteur connait une baisse de 45% en avril avec des prévisions à moins 40 % pour mai. 82% des entreprises du secteur ont fait appel au dispositif d’activité partielle. 82 % des entreprises du secteur évoquent une demande clients insuffisante ainsi que pour 60 % des retards de paiement.
  • Pour le secteur du traitement de surface, le taux d’occupation des équipements est en baisse sur les quinze derniers jours. Toutefois, aucune usine du secteur n’est fermée. La baisse de l’activité reste due à la fermeture des entreprises clientes ainsi qu’aux annulations de commandes.
  • Pour les industriels de la quincaillerie dont l’activité est liée au secteur du bâtiment, on constate une forte baisse des commandes. Les perspectives de reprise de l’activité sont faibles dans l’immédiat malgré la volonté des pouvoirs publics.
  • Dans le secteur du décolletage, 45 % des entreprises travaillant avec le secteur automobile sont totalement à l’arrêt. L’activité du décolletage dans le secteur aéronautique, reprend lentement.
  • Dans les secteurs de la découpe, de l’emboutissage, de l’outillage de presse, de la tôlerie fine et du repoussage, les prévisions pour les mois de mai et juin tablent sur une baisse d’activité liée à la fin des commandes prises avant le 16 mars et aux difficultés de l’automobile, du bâtiment et de l’électronique. Les secteurs du médical et des loisirs (vente en ligne) se maintiennent.
  • Pour les fabricants d'ustensiles de cuisine, de cuisson, de coutellerie, d'accessoires de la table et de conduits de fumée, 80 % des entreprises sont en activité partielle. On constate une baisse de 50% du CA et estime à 75% la baisse du CA pour avril. Le secteur de la vente en ligne reste dynamique. Pour le reste, l’ensemble du secteur est à l'arrêt depuis fin mars.
  • 90 % des entreprises d’équipements de grandes cuisines et de blanchisseries professionnelles sont en activité totale ou partielle. Il n’y a plus de difficultés pour les approvisionnements. Cependant, au 7 mai, 9 chantiers sur 10 du marché public sont fermés. Constat d’un premier signe de redémarrage notamment dans le secteur du médico-social et à l’export.
  • Pour les fabricants d’appareils de laboratoire, toutes les entreprises ont repris l’activité. Le secteur est confronté aux problèmes d’installation des équipements sur les chantiers.

De manière générale, nos industriels s’interrogent sur les conditions et le calendrier du redémarrage de l’activité.

Sur le même sujet...