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22 novembre 2022

Nouveau podcast MécaSphère : Frédéric Bellot, CMD

L’épisode 8 de « MécaSphère, le podcast de la communauté industrielle » donne la parole Frédéric Bellot, DG de la société CMD, adhérent Artema. Il partage son parcours, sa passion pour l’automobile, sa vision de la vie. Pour lui, « Nous sommes libres d'aller de l'avant, de concevoir et d'innover ».

C’est à découvrir et à partager ici

  • Retranscription du podcast : 

Je suis Frédéric Bellot j'ai cinquante-quatre ans, je suis marié j’ai 4 enfants, je suis originaire de lorraine et j’ai rejoint la région du nord il y a 4 ans en 2018 pour rejoindre l’entreprise CMD dans laquelle je suis directeur général adjoint depuis quatre ans. Le CMD est une entreprise de mécanique de précision dont la spécialité est la conception et la réalisation d'équipements de transmission mécanique. Quand on dit équipements de transmission mécanique, on parle de réducteurs de vitesse de plus grosse dimension puisque nos appareils font entre cinq tonnes et deux cents tonnes et se destinent à l'industrie lourde donc les mines, les cimenteries, la sidérurgie, l'industrie du sucre et les industries portuaires pour des manœuvres porte d'écluse, etc.

J’ai toujours été passionné d'automobile. Quand j'ai fait mes choix d'orientation en fin de collège, je me suis naturellement orienté vers la seconde technique et puis après j’ai eu le bac j'ai la chance d'être suivi dans une école d'ingénieurs de mécanique. Je suis sortie de l'école en 1992 à un moment de crise économique majeure. J'ai quand même bien galéré pour trouver un premier poste ça a été épique et long. 

J’étais directeur d'usine depuis déjà pas mal de temps dans mon parcours professionnel et par relation j’ai eu connaissance du poste directeur général adjoint chez CMD. J’ai changé d'univers professionnel en quelque sorte puisque je passais du métier de l'automobile grande série à un métier de conception unitaire de produits industriels. Ce n’est quand même pas tout à fait la même activité. C’était également une volonté de passer d'un groupe financier un groupe industriel familial qui n’a pas du tout la même manière d'être dirigé avec des intérêts, des visions qui sont assez diamétralement opposées.

On est maitre de la conception de nos produits donc là encore on est libre d'aller de l'avant de concevoir, d'innover et ça c’est extrêmement intéressant. Puis sur les process et de la même manière on peut investir là où ça nous paraît important on a des moyens de nos investissements avec un actionnaire qui nous pousse à investir et qui nous fait aller de l’avant. Tout ça, c'est l'intérêt du poste.

Dans l'industrie française dans 10 ans, il y a des perspectives positives et puis d'autres qui sont plus inquiétantes.

Dans le positif, il semble quand même qu’enfin au niveau politique, on veuille se réveiller et remettre l’industrie en premier plan. Il y a tellement de changements aujourd'hui, ça va forcément ouvrir des possibilités, des marchés et des possibilités de croissance d'entreprise. Après dans les côtés qui m'inquiète, que ce soit pour CMD ou en général, c'est la difficulté à recruter des personnes qui ont des formations techniques de qualité. Parce que malheureusement, depuis plusieurs décennies, les formations techniques sont quand même en perte de vitesse au niveau de l'éducation nationale et cela pose quand même un vrai problème pour nous qui sommes des entreprises mécaniciennes où on a besoin vraiment de compétences techniques importantes.

Ce qui est inquiétant, évidemment, c'est le passage à l’automobile électrique parce que ce sont des parts entières de l’industrie qui vont tomber. Toute la fabrication des moteurs qu’il y a en France, la fabrication des modes de vitesse, ce sont des industries qui sont condamnées. Et ça, ça va entraîner des pertes de milliers d'emplois. Je crains que ça ne détruise beaucoup plus d'emplois que ça en crée. Même s'il y a des efforts effectivement significatifs avec par exemple les méga factories de batteries qui sont en train de sortir de terre, je ne suis pas sûr que l'activité industrielle en tout cas, telle qu'on la voit aujourd'hui, ce sera probablement moins générateur d’emploi que ce qu’on connaît.

Qu’est-ce qui me fait vibrer ? C'est ma passion qui est toujours restée pour l’automobile. Ça se concrétise au travers de manifestations autour de l'automobile, d'aller voir des courses, allez voir des concentrations de véhicules anciens avec le peu de temps que je peux y consacrer, mais en plus c'est souvent avec des amis donc ça permet de mélanger deux plaisirs.

Dans les moments que j'ai vécus, oui il y avait la passion automobile. Comme par exemple aller acheter une voiture en Angleterre, la payer en liquide, partir en train, en ferry, revenir avec la voiture, sous des trompes d'eau, en roulant à droite. Il y a des moments sympathiques.

Cette année, je suis allé au Spa-Francorchamps en belgique. C'est la légende de Spa, c’est bien réel, c'est un circuit qui est vraiment très agréable. On peut voir les voitures à plein d'endroits du circuit, on n'est pas juste limité à une tribune, on peut aller se promener quasiment partout autour du circuit.

En France, je suis allé aussi à Monérie (circuit automobile), ça fait longtemps je pense qu'il n’y a plus le grand prix de l'âge d'or. Je suis allé à Dijon aussi c'est un des très beaux circuits aussi.

C'est une passion qui se partage en fait. Finalement, je n’envisage pas d'aller à un événement comme ça tout seul. C'est quelque chose qui est agréable de faire avec des amis.

CMD livre régulièrement, entre 70 et 80 pays tous les ans. Le plus gros pays, pour nous, le plus grand chiffre d'affaires, ça reste la France puisque la France représente quand même 60% de notre chiffre d'affaires.

Alors dans le sucre, nos équipements servent à entraîner des moulins de broyage des cannes à sucre ou des betteraves. Donc ça, ce sont des activités extrêmement particulières puisque ça dépend des saisons de production et de récolte, surtout de la canne à sucre ou de la betterave. Donc le sucrier du monde entier a des créneaux dans lesquels ils sont actifs en production et pour lesquels il faut livrer le matériel et ils ont des créneaux dans lesquels ils font la maintenance sur leurs installations.

Alors dans la mine, vous avez sans doute en tête l'image de la mine à ciel ouvert avec les énormes camions, les énormes pèles qui vont extraire vraiment la roche et après ces énormes blocs de ronge, de pierre, etc. Il faut les réduire en poussière pour pouvoir extraire le cuivre, l'or, le Nickel, enfin tout ce qu'on peut être en mesure de rechercher dans le minerai. Il faut broyer des millions de tonnes de minerai pour obtenir le cuivre dont on a besoin. Ces milliers tonnes de minerai sont broyés dans des immenses tubes avec à l'intérieur des énormes boulets métalliques. Les tubes tournent et les bouleaux tombent sur les blocs de pierre et les réduisent en plus petits morceaux après ça va dans un autre tube. C'est vraiment toute une chaîne de broyage. Il y a des milliers de tonnes de minerai dans les tubes. Et donc on a besoin de puissance énorme pour pouvoir faire tourner ces tubes-là.

Dans la période Covid, on a évidemment passé des périodes d'activités partielles, qu'on a minimisées avec des fabrications de stock. On a fait l'effort financiers, on pouvait se le permettre de faire des produits sur stock et ça été un pari gagné. C'est un équilibre. Évidemment les salariés ont quand même fait des sacrifices économiques au moment de l'activité partielle puisque tout le monde perd un petit peu de revenu et de pouvoir d’achat à ce moment-là, mais les choses étaient suffisamment claires avec tout le monde pour que ça soit suffisamment équilibré entre les efforts que faisait l'entreprise et les efforts que peuvent faire les salariés.

Énormément de pays où il n'y a pas de fabricants enfin concepteur et fabricant de réducteurs surtout pour les dimensions que l’on fait nous. Après, on a beaucoup de concurrents aussi dans les pays low cost notamment la Chine et l’Inde, donc qui fabrique des appareils qui sont beaucoup moins chers que les nôtres, mais pour l'instant qui n’ont pas les mêmes performances mécaniques. On ne veut surtout pas d'ailleurs, aller vers le low-cost parce que de toute les façons la partie de ce côté-là, elle est perdue d'avance et on veut absolument rester justement sur l'image de qualité, de produits très durables qui fait notre force. On parlait de mines tout à l'heure, une mine, elle est rentable si elle sort x centaines de milliers de tonnes par jour. Donc un arrêt de broyeur, c'est une catastrophe économique. Les arrêts de mines, c'est un peu comme les arrêts d'une usine automobile, ça coûte des centaines de millions de dollars. Ils préfèrent bien souvent investir dans du matériel, certes, un peu cher, mais dont ils sont sûrs de la solidité. Ce sont des gens qui ne prennent pas de risque au moment de dimensionner le matériel.

Contact

Anne GLEYZE - 01 47 17 60 29 - agleyze@fimeca.org

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